Ségolène Royal à la relance, François Bayrou rêve de second tour .
Ségolène Royal à la relance, François Bayrou rêve de second tour Reuters
Ségolène Royal, désormais nettement distancée par Nicolas Sarkozy dans les sondages, aborde le "match décisif" de la présidentielle en tentant le pari d'un grand oral télévisé et du remaniement de son équipe.
François Bayrou, galvanisé quant à lui par des sondages favorables, échafaude ouvertement des scénarios de second tour en évoquant la nomination d'un Premier ministre de gauche.
"Il faut être plus organisés, plus offensifs, plus persuasifs, parce que c'est cette partie-là du match qui est décisive", a résumé lundi sur Europe 1 Michel Sapin, nouveau secrétaire national du PS à l'économie et à la fiscalité.
"Aujourd'hui, il y a une équipe qui se sent tellement gagnante qu'elle veut pourrir le match", a-t-il ajouté à propos du candidat UMP Nicolas Sarkozy.
Ségolène Royal se lance à l'offensive lundi soir dans l'émission de TF1 "J'ai une question à vous poser", avatar médiatique de sa doctrine de "démocratie participative.
Après le baptême du feu réussi de Nicolas Sarkozy le 5 février, la candidate socialiste s'efforcera de donner corps aux cent propositions qu'elle a avancées le 17 février à Villepinte et qui n'ont pas suscité le second souffle espéré.
Jeudi, elle dévoilera le nouvel organigramme de son équipe de campagne, déstabilisée, après une série de tiraillements internes, par la démission d'Eric Besson, ex-secrétaire national chargé de l'économie.
"C'est une manière de relancer la campagne, de réussir à percer le mur des médias, car aujourd'hui, nous ressentons cruellement que le système s'est concentré, et notamment en faveur des intérêts de la droite", a déclaré sur Canal+ Arnaud Montebourg, porte-parole de Ségolène Royal, qui accuse les médias français de "se berlusconiser".
Ce sont les médias britanniques, précisément le quotidien économique The Financial Times, qui interpellent lundi Nicolas Sarkozy pour lui demander de... démissionner de ses fonctions ministérielles.
BAYROU "ESTIME" STRAUSS-KAHN
Vantant l'efficacité de la campagne du candidat UMP face aux "zigzags" de Ségolène Royal, le quotidien relève toutefois un "conflit d'intérêts" dommageable.
"Faire campagne contre une administration dans laquelle on a servi frise l'absurdité", estime-t-il.
Derrière le tandem de tête de la campagne, François Bayrou continue de disputer la place du "troisième homme" à Jean-Marie Le Pen.
Le président du Front national, qui recense entre "460 et 500" promesses de parrainage, a lancé lundi un appel aux élus pour qu'ils rendent possible sa candidature. "Ce sont des milieux d'électeurs qui le demandent", a-t-il dit.
François Bayrou se projette plus avant.
Selon un sondage CSA, 55% des Français souhaitent la présence du candidat centriste au second tour de la présidentielle.
Le président de l'UDF a confirmé lundi sur RMC-Info qu'il pourrait nommer un Premier ministre de gauche s'il accédait à l'Elysée. Il a dit son "estime" pour Jean-Louis Borloo, ministre de l'Emploi et co-président du Parti radical (associé à l'UMP), et pour Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre socialiste.
François Bayrou, qui doit détailler vendredi le chiffrage de son programme, s'est par ailleurs engagé à supprimer en trois ans le déficit du budget de fonctionnement de l'Etat.
Au nombre des "petits" candidats, l'ex-UMP Nicolas Dupont-Aignan a fait état de 425 parrainages sur les 500 requis.
Philippe de Villiers, candidat du Mouvement pour la France (MPF), comptabilise pour sa part "à peu près 440" promesses.
Les formulaires de parrainage seront envoyés jeudi aux élus et devront être retournés au Conseil constitutionnel d'ici au 16 mars.